03 janvier 2025

Chaque année notre SCOP SA se réunit 2 fois en assemblée générale sous l’impulsion du Conseil d’Administration.
En juin, il s’agit de valider la clôture annuelle des comptes. En décembre, nous votons la définition des moyens mutualisés et sur les règles de contribution coopérative.
En effet, le modèle économique de notre coopérative d’activité et d’emploi repose sur un mix de ressources :
👉 35% viennent de fonds publics et sont fléchés sur l’accompagnement individuel et la formation des entrepreneurs au développement de leur projet.
👉 65% viennent de la contribution solidaire des entrepreneurs. Calculée sur leur chiffre d’affaires, cette contribution finance le portage juridique, fiscal et social de chaque activité, mais aussi le soutien aux entrepreneurs associés.
Ce sont donc les entrepreneurs eux-mêmes qui décident de ces taux de contribution !
Lors de ces assemblées générales bisannuelles, nous parlons stratégie et projet.
Car la coopérative, c’est aussi un projet politique comme l’a rappelé Roch Poirier, notre Président du Conseil d’Administration.
À l’heure de l’austérité budgétaire, les financements publics sont requestionnés quand ils ne sont pas tout simplement supprimés, parfois sans préavis (cf les coupes franches, sans concertation préalable, de la Région Pays de la Loire sur les financements des organisations de l’ESS, et particulièrement de la culture).
Forcément, dans ce contexte, les actes récemment posés par les représentants de l’État et des collectivités posent question.
Notre structure s’efforce de promouvoir un autre modèle que le “chacun pour soi” en alternative à l’entreprise individuelle et l’auto-entreprise “triomphantes”.
CDP49 est un outil de travail au service de ses membres, organisée autour d’une gouvernance collective. Lors de notre assemblée générale du 12 décembre dernier, les associé.es de notre coopérative n’ont pas nié la nécessaire sobriété budgétaire face à l’état de nos finances publics.
Mais si l’on considère qu’accompagner des chômeurs à créer leur propre emploi est un service d’intérêt général, pendant encore combien de temps pourrons-nous les accompagner si la pression se fait de plus en plus forte sur nos outils ?
Faut-il renoncer à cette offre d’accompagnement que nous considérons d’intérêt général ?
Lorsqu’avec 1€ de subvention perçue, nous produisons près de 40€ de chiffre d’affaires sur le territoire, sans compter la TVA qui remonte à l’État, les charges sociales… ne devrions-nous pas considérer que cet argent public reçu est un investissement dont le retour est mesurable ?
Financer nos structures, n’est-ce pas investir pour l’avenir de nos territoires ? Défendant en plus un modèle collectif qui a montré sa résilience pendant les crises ?
Quelle part d’intérêt général, nous, associés de CDP49, serions-nous prêts à financer sur nos fonds propres, dans une perspective où un arrêt du soutien public semble de plus en plus envisageable ?
C’est autour de ces questions qu’ont eu lieu nos échanges. La coopérative n’est pas un parti politique. C’est une SCOP SA, une entreprise d’hommes et de femmes, un bien commun au service des personnes qui la rejoignent.
Notre volonté n’est pas de vendre « notre boîte » à un fonds d’investissement pour réaliser une plus-value (d’ailleurs en SCOP, le montage juridique d’une telle opération serait intéressant…), mais de pérenniser cet outil et de le transmettre aux générations futures. Oui, il est possible de s’affirmer comme entrepreneur en coopérative, de bien gagner sa vie ou de se verser des salaires modestes. Ce sont des questions de choix individuels que chacun respecte.
Le Conseil d’Administration a ainsi rappelé lors de l’assemblée générale, les enjeux de mieux faire connaître notre modèle en s’appuyant sur notre communauté de près de 110 entrepreneurs.
Cela fait partie des objectifs pour 2025, toute comme la poursuite des réflexions sur notre modèle économique dans un environnement en pleine mutation.
L’assemblée générale a été aussi l’occasion d’accueillir 2 nouveaux associées.
Amélie Lesimple, psychologue du travail, et Babeth Malinge, céramiste, nous ont rejoints.


