09 septembre 2025



Coopérer pour résister, une leçon de démocratie.
Chaque jour, les médias nous abreuvent d’informations peu engageantes et démobilisantes.
Ici, c’est une entreprise qui ferme pour cause de rentabilité insuffisante ; là on oppose capital et travailleurs, là encore « Français » et étrangers… Chacun finit par croire que le problème vient toujours des autres.
Alexis de Tocqueville décrivait déjà en 1835 : « L’individualisme est un sentiment réfléchi et paisible, qui dispose chaque citoyen à s’isoler de la masse de ses semblables et à se retirer à l’écart avec sa famille et ses amis ; de telle sorte qu’après s’être ainsi créé une petite société à son usage, il abandonne volontiers la grande société à elle-même. »
Le système nous enferme dans le repli sur soi et l’individualisme, pendant que disparaissent peu à peu les valeurs d’éducation populaire, d’entraide et de solidarité.
Heureusement, il demeure des îlots de résistance où l’on continue de croire qu’il est possible d’entreprendre autrement, dans des cadres collectifs tels que les coopératives d’activités et d’emploi.
CDP49 est l’un de ces îlots : un espace de résistance, d’optimisme et d’enthousiasme pour l’avenir.
Au premier trimestre 2025, une équipe de salariés s’est mobilisée pour sauver une entreprise en difficulté au sein de la coopérative, à la suite du décès brutal de Magali Remaud, maquettiste.
84 000 € de marchés publics étaient en jeu, assortis d’obligations de réalisation et de délais stricts. Impossible de rompre ces contrats sans conséquences lourdes.
Alors, un collectif s’est levé.
Nous avons décidé d’honorer ces engagements. Des entrepreneurs ont conjugué leurs activités quotidiennes avec la reprise des chantiers de l’atelier de maquette TACT.
Il a fallu former une nouvelle équipe, réorganiser un atelier, réinvestir les projets en cours et planifier les prochaines réalisations.
Amélie Baranger et Roch ont orchestré cette aventure, soutenus par de nombreux volontaires : Anne, Éric, Babette, Isabelle Bailleul et Isabelle Petiteau de CDP, Jérôme, Fred, François…
Merci également à l’équipe de Materia Workshop, Amandine et Joris Tholognat, pour leur accueil généreux dans leur atelier.
Gratitude aux forces vives qui ont mis leur énergie au service de la réalisation des maquettes et modules pédagogiques : Grégory, Carola, Alban Descloux, Claire SORIN, Caroline.
Le 6 juillet, Amélie et Roch s’envolent de Nantes vers Ajaccio.
Trois jours de travail intense les attendent à l’écomusée de la vallée du Prunelli, à Bastelicaccia : installation des maquettes, des bornes interactives et des jeux pédagogiques. Trois jours aussi pour raccorder l’électricité, réaliser les dernières retouches de peinture et mettre en service les bornes olfactives.
Puis, une parenthèse corse bien méritée : visite des apiculteurs de la vallée, balade au lac de Tolla, découverte d’Ajaccio.
En affrontant cette épreuve ensemble, notre collectif a su rendre hommage à Magali.
Les fruits de ces sept mois de travail sont désormais visibles :
A Bastelicaccia, en Corse, à l’écomusée de la vallée du Prunelli (une belle occasion d’escapade !) ; à Rezé près de Nantes, au Chronographe, avec l’ARCHEOLABO dédié au monde de l’archéologie scientifique.
Nous avons voulu partager ce récit, non seulement pour honorer la mémoire de Magali, mais aussi pour montrer qu’en période difficile, le repli sur soi n’est pas une issue.
Dans un monde où l’individualisme domine, le collectif a prouvé sa force de résilience.
Une humble leçon de démocratie.
